vie.eco
Nazaj na blog

Ta članek še ni na voljo v vašem jeziku: medtem si oglejte francosko različico.

22. julij 2026

Une entreprise tech qui finance la biodiversité : comment fonctionne le modèle de dons de Vie.eco

Une partie de ce que paient les utilisateurs d'Ecomail et d'Ecomtel finance des associations de protection de la nature. Pour ce premier article du blog, on explique le modèle de l'intérieur : pourquoi un pourcentage des recettes plutôt que du bénéfice, comment les associations sont choisies, ce que ça impose au quotidien, et les limites qu'on assume.

Vie.eco est une petite entreprise française qui édite des services en ligne : Ecomail, une messagerie complète (mail, disque, agenda, visioconférence et d'autres outils), et Ecomtel, un opérateur mobile. Notre particularité tient en une phrase : une partie de ce que paient nos utilisateurs finance des associations de protection de la nature. Cet article, le premier de ce blog, explique comment ce modèle fonctionne concrètement, comment nous choisissons les associations, et ce que ce choix impose au quotidien.

Le principe : un pourcentage des recettes, pas du bénéfice

Beaucoup d'entreprises promettent des dons « sur les bénéfices ». C'est une promesse fragile : le bénéfice est ce qui reste à la fin, une mauvaise année il peut être nul, et le don disparaît avec lui.

Nous avons fait un autre choix. Pour Ecomail, ce sont 15 à 30 % des recettes qui sont reversés chaque année : un pourcentage de ce qui entre, pas de ce qui reste. Pour Ecomtel, le mécanisme est mensuel : nous reversons 30% de la marge sur nos forfaits, chaque mois.

Ce choix nous oblige, et c'est voulu. Les années difficiles, le don part quand même. C'est le meilleur garde-fou que nous ayons trouvé contre la tentation de faire de l'engagement un argument marketing à géométrie variable.

Comment nous choisissons les associations

Sans comité solennel ni appel à projets : nous sommes une petite équipe, et nous assumons une part de subjectivité. Trois critères guident nos choix :

  • l'action de terrain : nous privilégions les structures qui agissent concrètement (soins à la faune sauvage, protection de milieux naturels, comptages naturalistes) plutôt que les grandes campagnes de communication ;
  • la taille : quelques milliers d'euros changent peu de chose pour une ONG internationale, beaucoup pour une association locale ;
  • la relation : nous parlons avec les associations, nous suivons leur travail dans la durée, et nous le racontons sur nos blogs pour leur offrir de la visibilité en plus de l'argent.

Des dons bien réels : quelques exemples

Depuis les débuts d'Ecomail, nous avons soutenu et fait connaître des associations comme Picardie Nature (qui protège notamment les phoques de la baie de Somme, avec un premier don dès 2019), Sea Shepherd, l'ASPAS, Volée de Piafs (un centre de soins pour la faune sauvage), Les Blongios ou encore Natagora en Belgique. En 2024, nous avons voulu étendre cet engagement aux Outre-mer avec un don au GEPOMAY, qui protège les oiseaux de Mayotte.

Sur l'ensemble des services Vie.eco, les dons cumulés dépassent aujourd'hui 110 000 €. Rapporté aux budgets RSE des grands groupes, c'est modeste. Rapporté à la taille de notre entreprise, c'est une part importante de ce que nous encaissons, versée année après année depuis 2016.

Pourquoi des dons plutôt que de la compensation carbone

La compensation carbone est devenue le réflexe RSE par défaut : on achète des crédits, on affiche une « neutralité », et le tour est joué. Nous n'y avons jamais cru pour notre cas. Les crédits carbone sont difficiles à vérifier, régulièrement contestés, et ils entretiennent l'idée qu'on peut annuler un impact au lieu de le réduire.

Notre logique est différente : réduire notre empreinte à la source (des services sobres, une infrastructure dimensionnée au besoin, hébergée en France) et, en parallèle, financer directement celles et ceux qui protègent le vivant, sans intermédiaire ni promesse de neutralité. Un don à un centre de soins n'efface pas un gramme de CO2 : il soigne des animaux. C'est moins vendeur sur une plaquette, c'est plus vrai.

Ce que ce modèle impose au quotidien

Reverser une part des recettes n'est possible que si l'entreprise reste frugale. Concrètement :

  • nous n'avons pas levé de fonds : pas d'investisseurs, donc pas de pression à la croissance à tout prix ni d'exigence de rentabilité qui passerait avant la mission ;
  • nous ne faisons pas de publicité, ou presque : notre visibilité repose sur le bouche-à-oreille et sur des contenus comme celui-ci, ce qui explique aussi que nous restions petits ;
  • nos services sont payants et n'exploitent pas les données : Ecomail coûte 12 € par an, un prix qui couvre le service, l'équipe et les dons, sans publicité ni revente de quoi que ce soit.

Les limites, pour être honnêtes

Ce modèle a ses fragilités, autant les dire. Notre croissance lente limite mécaniquement les montants reversés. Notre sélection d'associations reste artisanale : des rencontres et des convictions plus qu'une procédure rigoureuse. Et la fourchette de 15 à 30 % laisse une marge d'appréciation que nous ajustons selon les années : les années serrées, nous sommes plus près du bas que du haut.

Nous préférons assumer ces limites que les maquiller. La transparence est, à notre avis, la seule chose qui distingue durablement un engagement réel du greenwashing.

Ce que vous pouvez en attendre

Si vous utilisez Ecomail ou si vous êtes abonné Ecomtel, une partie de ce que vous payez protège des phoques en baie de Somme, des oiseaux à Mayotte ou des milieux naturels en Belgique. Nous publierons ici, sur ce blog, le détail de nos dons et le travail des associations soutenues, pour que chacun puisse vérifier que la promesse est tenue. Et si vous connaissez une association de terrain qui mérite d'être soutenue, écrivez-nous : c'est souvent comme ça que les belles histoires commencent.

Nathan · 22. julij 2026